Énergie, conflits, taux, cyberattaques : le risque géopolitique n’est plus un scénario de stress théorique pour les banques. Deux publications récentes le rappellent, et elles concernent directement la résilience des banques marocaines.
Que dit le FMI sur la solidité des banques ?
Dans son rapport sur la stabilité financière publié le 13 octobre 2026, le FMI estime que le secteur bancaire mondial résiste à un scénario adverse combinant chocs sur l’IA, sur le marché obligataire et sur l’énergie. Mais les banques détenant 22 % des actifs bancaires mondiaux passeraient sous les seuils de fonds propres réglementaires, contre 18 % un an plus tôt. Les liens avec les intermédiaires financiers non bancaires se renforcent, ce qui multiplie les canaux de transmission d’un choc. Les rendements souverains ont augmenté, notamment sous l’effet de l’inflation liée à l’énergie. Pour les marchés émergents, le FMI note que des chocs récents ont réduit les marges de manœuvre.
Comment la banque centrale marocaine lit-elle le contexte ?
Le 22 septembre 2026, le Conseil de Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 %, selon Le Matin. Il a invoqué la recrudescence des hostilités au Moyen-Orient et le conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui perturbent les chaînes d’approvisionnement en énergie, en produits alimentaires et en intrants, et jugé l’incertitude très élevée. L’inflation moyenne est restée faible sur les huit premiers mois de l’année. Pour les banques, cela signifie une visibilité limitée sur les marges, le coût du risque et la demande de crédit.
La cybersécurité, nouveau front géopolitique
Le FMI constate que, dans plus de 70 % des cas signalés cette année, les éditeurs ont disposé de très peu de temps pour corriger une faille avant son exploitation. Selon Reuters, une attaque soupçonnée d’être liée à un État a récemment visé des banques sud-coréennes avec des outils d’IA, et la BCE a fixé aux banques une échéance fin octobre pour présenter des plans face aux cybermenaces amplifiées par l’IA. Un incident majeur chez une banque, un système de paiement ou un fournisseur cloud peut se propager à l’ensemble du système.
Ce que cela implique pour les banques
- Revoir les scénarios de stress en y intégrant énergie, taux, tensions commerciales et incident cyber simultanés.
- Cartographier les dépendances critiques : fournisseurs cloud, prestataires, chaînes de paiement, partenaires dans plusieurs pays.
- Tester des plans de continuité et de reprise réalistes, y compris la reprise des services client essentiels.
- Utiliser l’IA et l’analytique pour suivre en temps réel expositions, liquidité et alertes, avec une gouvernance claire.
Le regard WePartner
Dans nos missions de transformation digitale bancaire, y compris auprès de quatre banques marocaines sur leur programme digital, nous observons que la résilience se décide dans l’architecture des canaux, des données et des processus, bien avant la crise. Une banque dont les parcours sont automatisés, les données fiables et la gouvernance agile adapte plus vite son offre et son suivi des risques. La résilience devient ainsi une dimension de la feuille de route digitale, au même titre que l’expérience client.
Prochaine étape concrète
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